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Historique
Les problématiques de prévention sont apparues sous le second Empire. Mais elles n’ont été mises effectivement en pratique qu'en 1871. En priorité auprès des cibles les plus fragiles : les jeunes. Et avec des techniques qui vont bien sûr en s'affinant.
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• 1871-1950 : diaboliser plutôt qu'informer
Les pouvoirs publics choisissent pour terrain l'école où l'enfant est considéré comme l'espoir de la Nation. Et pour système, une éducation intensive, à vocabulaire dur - "l'alcool détruit le corps et l'âme" - et à images fortes opposant le travailleur à l'ivrogne.
Durant plus d'un demi-siècle, les autorités jouent sur la peur : de la brutalité de l’alcoolique, de la dégénérescence, des risques qu'il y aurait à procréer. Sur la honte : déchéance d'une famille où sévit l'alcool. Et sur la morale qui va avec : vertus de l'eau et tempérance.
Après l'hémorragie de la Grande Guerre, le discours évolue : on préconise dès le plus jeune âge l'usage modéré de boissons fermentées, tout en déconseillant les boissons distillées. Avec pour le vin, une tolérance qui virera à la complaisance quand il sera en surproduction dans les années 20...
• 1950-1970 : sensibiliser et responsabiliser
Après la Seconde Guerre, les mesures prises sont nettement plus positives et constructives. Le vin a manqué, il faut relever le pays. Apparaissent des discours plus raisonnables, glorifiant la sobriété.
En outre, l'école prend ses responsabilités, convoque les parents d'enfants alcooliques. Les manuels scolaires font l'éloge des boissons non alcoolisées, illustrent la fabrication des jus de fruits…
Sous l'impulsion de Pierre Mendès-France, de nouvelles lois interdisent le vin dans les cantines ou la publicité des alcools dans les stades. Elles instituent aussi le principe des "boissons pilotes" (dont la limonade et le lait) proposées à bas prix dans les cafés.
• 1970-1997 : prévenir et guérir
A partir de 1968, les pouvoirs publics et les associations d'aide aux alcooliques prennent conscience que l'alcoolisme n'est pas la cause mais la conséquence du malaise de certains jeunes dans une situation à problèmes.
Dès lors, ils bannissent de leurs campagnes les messages trop sévères, jugés inefficaces, pour recentrer l'argumentation sur les risques immédiats de l'alcoolisme. Des enquêtes de comportement cernent mieux les conditions et l'évolution de la consommation.
Les dates clés
1895. Création d'une commission chargée d'analyser le rôle de l'école dans la lutte contre l'alcoolisme. 1897. Début d'un enseignement antialcoolique spécifique dans les établissements scolaires. 1916. Décret interdisant aux élèves d'apporter de l'alcool dans leur panier-repas. 1947. Découverte du Disulfirame, médicament pour malades alcooliques. 1956. Texte interdisant de servir du vin aux moins de 14 ans. 1983. Création des Centres d'Hygiène Alimentaire et d'Alcoologie (aujourd’hui Centres de Cure Ambulatoire en Alcoologie). 1991. Adoption de la loi du 10 janvier 1991, dite loi Evin, relative à la lutte contre le tabagisme et l'alcoolisme. 1995. Fixation du nouveau seuil d'alcoolémie au volant 0,5 g/l. |
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Le dispositif français : singulièrement pluriel
En France, la prévention est aujourd'hui assurée à de nombreux niveaux par une multitude d'acteurs publics et privés. Une mobilisation qui reflète l'importance acquise dans notre société par la surconsommation d'alcool. Tant d'un point de vue humain, que social et économique.
Ministères, centres de soins, professions de santé, assurances, instituts de recherche et de formation, d'éducation et d'information, associations d'aide et de réinsertion... La prévention de l'alcoolisme rassemble aujourd'hui des acteurs de plus en plus nombreux.
Depuis 1996, la Mildt (Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie) est chargée de coordonner l'action du Gouvernement dans le domaine de la prévention, la prise en charge sanitaire et sociale, la répression, la formation, la communication, la recherche et les échanges internationaux. En 1999, la Mildt a engagé un nouveau plan triennal de "lutte contre la drogue et de prévention des dépendances". A cette occasion, sa compétence a été étendue à l’abus d’alcool, ainsi qu’à la consommation de tabac et de médicaments psychotropes. L’approche retenue, centrée sur les comportements et non sur les produits eux-mêmes, distingue l’usage, l’usage nocif et la dépendance.
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L'étude et la recherche
Certains acteurs travaillent sur la protection de la santé à long terme, notamment à partir d’études et de statistiques, comme l'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), ou l'IREB (Institut de Recherches Scientifiques sur les Boissons).
L’OFDT (Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies), opérationnel depuis 1995, commandite des études pour permettre une meilleure connaissance de l’évolution des comportements de consommation et la mise en place de programmes d’évaluation des politiques publiques.
La prévention et la communication
D'autres élaborent et mettent en place des programmes de communication et d'éducation, l'INPES (Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé), l'ANPA (Association Nationale de Prévention de l'Alcoolisme), la CNAM (Caisse Nationale d’Assurance Maladie) ou Entreprise & Prévention. (voir nos programmes de prévention)
La Mildt anime et soutient les efforts des autres partenaires publics et privés que sont les collectivités locales, les institutions spécialisées, les organismes professionnels, les associations et acteurs de la société civile. Au-delà des programmes de communication qu’elle met en œuvre directement, elle favorise une meilleure cohérence des interventions de chacun de ces acteurs. Au niveau local, elle s'appuie sur des chefs de projets désignés par les préfets pour coordonner l'action interministérielle de l'Etat et susciter des partenariats avec les élus locaux ou les associations.
L’accueil et les soins
Au cœur du dispositif : l'accueil des C.C.A.A. ouverts à toute personne faisant face à un problème d'alcoolisation, qu’il s’agisse d’elle-même ou d’un proche, quel que soit le problème et son contexte.
Ces Centres de Cure Ambulatoire en Alcoologie, créés en 1970, travaillent en liaison avec les Comités Départementaux de Prévention de l'Alcoolisme, sous la houlette du ministère de la Santé et de la C.N.A.M.
Ils se distinguent par une démarche originale : la prise en charge sur le terrain des comportements à risque en matière d'alcool et ce, par des équipes pluridisciplinaires qui ont acquis grâce à leur expérience une compétence allant au-delà de la prévention purement médicale.
En suivi et en appui : les associations d'aide et de réinsertion créées et gérées par d'anciens buveurs (les Alcooliques Anonymes, La Croix d'Or, La Croix Bleue...). Leur soutien repose sur une expérience vécue de l'intérieur.
>> carnet d'adresses |
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